Oh les beaux jours
Samuel Beckett

Avec cette pièce, avec cet auteur, avec les interprètes historiques du rôle de Winnie, nous approchons d’un mythe. Malgré une telle panthéonisation cette pièce, cette voix n’ont rien perdu de leur radicalité. L’audace scénique reste inentamée, la surprise complète.
Tout oublier de ces références écrasantes, faire entendre ce texte magistral dans sa musicalité, avec l’énergie démesurée de Winnie, jusqu’à son épuisement, ré-inventer chaque instant, chaque bribe de phrase ou de vie comme une éternité. Y’a-t-il d’ailleurs autre chose à faire sur terre ?


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Mickey la torche de Natacha de Pontcharra
Au bout du comptoir la mer de Serge Valletti



Mickey, c’est comme ça que sa mère l’appelait quand il était gamin, est veilleur de nuit à temps très partiel, le mardi, dans un entrepôt de camions. Le mardi…c’est mon jour de nuit…La vigilance je suis né au monde pour ça, même s’il a mal débuté à 8 ans avec sa grand-mère dont il avait la surveillance : voilà ma mémé mise en boîte de bière…
Mickey fait sa ronde de nuit dans ce hangar vide
Le Talky : Qu’est-ce que tu fous là ?...on est lundi…le lundi y a rien à garder et sa ronde de vie : sa mère, son père, sa soeur, le 189 cité des Glycines et Lisbeth, la voisine au pull angora coloris rose thé n° 24…
Il fouille ses poubelles, scrute ses détritus et établit une relation intime, invisible, invivable avec celle qu’il croise chaque matin. Quand je la croise, ça me retourne, elle me vide par les pieds, me verse tout le sang dans mon visage, je suis timide comme un coquelicot.
Mickey la Torche c’est surtout une ronde de mots, avec des bâtons rompus, une invention de langue. La vie ordinaire d’un personnage hors du commun qui comble le vide qu’il garde avec conscience universelle, avec des mots torches, des mots coups de poing, des mots matières, des mots mal formés de naissance et qui demande qu’on fasse quelque chose des petits riens, tout simplement.

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Stephan travaille dans un Casino minable de la Côte.
Il présente les numéros qui se succèdent tous les soirs comme « Les Clarisses les Antipodistes australiens » ou « Le Ventriloque » avec son canard en fourrure.
Faut être en forme pour chauffer la salle avec une histoire de chien. Et il faut se renouveler, sinon ça tue l’artiste. Mais heureusement, il y a le comptoir tenu par Monsieur Dario pour refaire le niveau et souffler un coup (c’est prévu dans son contrat «en plus 4 boissons à volonté » par soir)
Stephan est en fait un artiste, il a des jardins secrets, il écrit sa bio romancée et attend une avance de son éditeur qui lui a renvoyé son manuscrit, il peint aussi, il en a vendu une, et il a fait une fois du cinéma, il a imité un éléphant, alors le cinéma, il connaît. Il prépare un nouveau numéro, « un numéro idéal de comique muet. Une sorte de sommet de l’art dramatique. Difficile à expliquer. Sans un mot. Le public rirait tout seul »
Stephan ou Valletti se confie « Je me laisse entraîner par des histoires qui me rentrent dans le cerveau et qui ont de la peine à en sortir, il en reste toujours des bribes, des fragments, des débuts, des fins, parfois un type qui parle tout seul. »

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Conception : titOm / Graphisme : Olivier Leycuras
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